Le Seyon et ses affluents

Le Seyon prend sa source vers Villiers au Val-de-Ruz, sur le flan nord du Grand Chaumont. Il parcourt environ 15 km et 400 m de dénivelé avant de se jeter dans le lac de Neuchâtel à Champ Bougin.

La partie supérieure de la rivière comporte des tronçons artificiels, parfois enterrés ; entre Villiers et la Rincieure, les méandres de jadis ont laissé la place à un tracé quasi rectiligne. Le Seyon présente ensuite un cours un peu plus sinueux. Toutefois, ces secteurs d’apparence naturelle ne sont pas forcément exempts d’aménagements. Le tronçon des Prés Maréchaux situé en contrebas du village de Vilars a d’ailleurs fait l’objet d’importants travaux de revitalisation en 2016. A cet endroit, une dynamique plus naturelle se remet peu à peu en place. La partie inférieure du Seyon, constituée par les gorges du même nom, est restée presque intacte, sans doute en raison de son encaissement. Après un dernier coude au niveau de Vauseyon, la rivière s’engouffre dans un tunnel et rejoint le lac. Jusqu’à sa dérivation en 1843, le Seyon contournait la colline du château par le nord et traversait la ville de Neuchâtel.

Véritable colonne vertébrale de la vallée, le Seyon qui reçoit les eaux de plus de dix affluents recueille les eaux de surface du Val-de-Ruz. Son bassin versant est superposé à celui de la Serrières dont il est séparé par une couche de molasse marneuse, peu perméable. Les deux bassins sont malgré tout connectés, notamment par le biais de quelques points qui fonctionnent comme source temporaire lorsque le bassin inférieur est saturé. La résurgence du Torrent en est l’exemple le plus impressionnant.

Sur la période 1980-2023, le débit moyen du Seyon s’inscrit à 0.81 m3/s. Comme elle récolte les eaux superficielles, la rivière présente toutefois un régime torrentiel. De fortes précipitations gonflent ainsi rapidement ses eaux. En 1901, le débit de la rivière s’est ainsi élevé à 50 m3/s. A l’inverse, en période d’étiage, le débit est extrêmement faible et le cours d’eau est principalement composé des effluents des stations d’épuration ; la survie de la faune et de la flore aquatiques dépend donc entièrement du bon fonctionnement de ces installations.

Le nettoyage du Seyon

Depuis 1998, l’association organise au début de chaque printemps le nettoyage des cours d’eau du Val-de-Ruz.

Tantôt réservée aux membres de l’association et au grand public, tantôt ouverte aux classes d’école et aux entreprises, cette action ne vise pas uniquement à ramasser les déchets, elle a aussi pour but de sensibiliser la population. En effet, si une partie des déchets récoltés, notamment dans les secteurs situés à proximité de la route, ne font pas trop de doute sur leur provenance, d’autres ont une origine un peu moins évidente.

Une partie du Val-de-Ruz est en réseau unitaire. Cela signifie que les eaux claires (eaux de pluie) rejoignent les eaux usées (eaux domestiques) avant de se diriger vers la station d’épuration. Toutefois, les STEP ne sont pas dimensionnées pour réceptionner et traiter les eaux récoltées lors de fortes précipitations. Lorsque la quantité d’eaux de pluie additionnées aux eaux usées dépasse les capacités de la STEP, les déversoirs d’orage entrent en fonction. Une partie de ce mélange déborde alors dans le Seyon. C’est ainsi que serviettes hygiéniques, tampons, cotons-tiges, emballages de médicament et autres produits jetés négligemment dans les toilettes se retrouvent dans le milieu naturel.

Chaque printemps, près de 150 litres de déchets sont récoltés par kilomètre de cours d’eau. Au-delà des articles hygiéniques débarrassés dans les toilettes plutôt que dans la poubelle, on retrouve aussi du matériel emporté par le vent depuis les zones de chantier ou les entreprises agricoles, des objets entreposés dans d’anciennes décharges qui refont surface avec l’érosion et divers déchets jetés de manière peu scrupuleuse.

Les habitudes ont malheureusement du mal à changer et plus d’un quart de siècle après son lancement, cette action est toujours nécessaire. Toutefois, le nettoyage du Seyon représente aussi l’occasion de découvrir, bottes aux pieds et gants de ménage aux mains, des coins de la vallée insoupçonnés. Et avec un peu de chance, entre trois lingettes et deux coton-tiges, l’œil avisé peut trouver de quoi arrondir ses fins de mois ou s’émerveiller à la vue d’objets façonnés il y a longtemps. En 2015, une petite amphore de forme gauloise, courante entre le milieu du Ie et le IIIe siècle a été retrouvée par des bénévoles. Elle se trouve au Laténium.

Résultat du nettoyage des berges 2025 (21, 22 mars et 4 avril)

Cette année, le nettoyage organisé annuellement par notre association depuis 1998 s’est déroulé en trois temps. Le vendredi 21 mars, cinq classes du Cercle scolaire de Val-de-Ruz (CSVR) encadrées à chaque fois par un·e membre de l’association ont participé à l’action. Le lendemain, une soixantaine de bénévoles ont arpenté les berges de la vallée à...

La revitalisation des Prés Maréchaux

Situé entre Vilars et Engollon, le secteur des Prés Maréchaux tient son nom de son caractère marécageux. Il représente la dernière zone humide bordant le Seyon.

A cet endroit jusqu’en 2016, le Seyon était contraint par des enrochements et divers ouvrages de stabilisation construits au siècle dernier. Ne pouvant exercer sa force érosive sur les côtés, la rivière travaillait le fond de son lit, engendrant ainsi petit à petit l’enfoncement du cours d’eau et le drainage des terrains environnants. Le niveau de la nappe s’est peu à peu abaissé et les Prés Maréchaux sont devenus plus secs. Avec la disparition progressive des caractéristiques marécageuses du site, la flore associée à ce type de milieu, notamment la Fritillaire pintade (Fritillaria meleagris), s’est aussi mise à régresser.

Initié en 2008 par la Fario (société des pêcheurs en rivière de Neuchâtel, Val-de-Ruz et environs), le projet de revitalisation des Prés Maréchaux s’est concrétisé en 2016. Réalisés sur une distance d’environ 850 mètres, les travaux ont principalement consisté à construire un cours d’eau réhaussé et sous-dimensionné afin de favoriser les débordements et restaurer la dynamique alluviale. L’idée était de laisser la rivière façonner elle-même son gabarit, au gré de ses crues. Erosion des berges, élargissement du lit-guide, création de bras-morts, fossés et raccourcis, il était prévu qu’elle se réapproprie cet endroit avec le temps.

Avec maintenant quelques années de recul, force est de constater que les travaux ont permis au Seyon de trouver une nouvelle dynamique, qui opère actuellement surtout sur la partie amont, et ainsi de (re)créer un paysage de zone alluviale. Les milieux naturels aquatiques et terrestres de la plaine continuent de se transformer, de concert avec le lit de la rivière.

SeyonVivant a suivi de près l’évolution du dossier dans le cadre du groupe de travail dédié. L’association a veillé à ce que la biodiversité locale soit pleinement considérée dans ce projet d’envergure et s’est notamment chargée de la préservation et de la réimplantation des fritillaires. C’est également elle qui a proposé au maître d’ouvrage d’intégrer les deux étangs réalisés dans le cadre de ces travaux. Elle se réjouit de voir ce secteur continuer d’évoluer librement.